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Un officier Français en Mission au Togo s’en prend aux journalistes togolais

LOME- Le souvenir de la grève des conducteurs de taxi et de taxi-moto le 22 juin 2010 et les émeutes qui en découlèrent est encore très vif au Togo. Au cours de ces manifestations, les forces de sécurité s’en sont pris à deux journalistes, blessant gravement l’un et détruisant l’appareil photo de l’autre.

Même si de telles manifestations et surtout les traitements brutaux appliqués aux journalistes font légion au Togo, personne ne s’attendait à voir un officier de l’armée française, détaché auprès du Chef d’Etat major de l’armée de terre du Togo, cautionner publiquement de telles répressions.

Le dernier incident eut lieu le mardi 10 août 2010. Jean Pierre Fabre,, candidat de l’UFC aux présidentielles d’avril passé, avait convoqué un Congrès National Extraordinaire pour élire les membres du Bureau National et des autres instances du parti. Gilchrist Olympio Président du parti, devenu rival de Fabre avait aussi convoqué un Congrès National.

Le Gouvernement Togolais déclara illégal le congrès convoqué par Fabre, arguant que seul Gilchrist en tant que Président national de l’UFC était habilité à convoquer un congrès national du parti. Les forces de sécurité furent donc envoyées dans le quartier de Nyékonakpoè où devait se tenir le Congrès de Fabre.

Exactement comme le mardi 22 juin, la confrontation entre les forces de l’ordre et les manifestants – cette fois-ci, les partisans de Jean Pierre Fabre- a dégénéré en émeutes. Les hommes armés ont procédé comme d’habitude, à coup de gaz lacrymogènes, de courses poursuites, de bastonnades et d’arrestations des manifestants.

Dans cette ambiance surchauffée, les observateurs étaient choqués de voir aux côtés des répresseurs, l’officier français Romuald Letondot, détaché par le Ministère Français de la Défense pour appuyer l’Administration des Forces Armées Togolaises.

A coup d’intimidations et de menaces, le lieutenant Colonel Letondot, dont la mission au Togo s’achève dans 15 jours, s’est pris à un journaliste, Didier Ledoux, collaborateur à « Liberté » un quotidien togolais, qui, couvrant l’événement, l’avait pris en photo.

« Tu veux qu’on te donne un coup sur la caméra ? » demanda Letondot furieux à Ledoux.

« Tu sais qui je suis? » continua l’officier. « Je suis le conseiller du chef d’Etat major de l’armée de terre. Tu veux que j’appelle le RCGP pour foutre un peu d’ordre là-dedans ? » (Le Régiment des Commandos de la Garde Présidentielle, est connu pour être très répressif, ndlr)

« Alors, je te demande d’enlever les photos. Est-ce que c’est compliqué?», vociféra l’officier.

50 ans après les indépendances du Togo, les menaces, le ton et l’attitude arrogante de cet officier « colon » français contre le journaliste, évoquent des jours et des attitudes supposés révolus.

Les gendarmes témoins du face-à-face, obéissant à l’ordre de l’officier se précipitèrent avec rage sur Ledoux. Ledoux protesta qu’il ne faisait juste que son travail.

« Je m’en fous » rétorqua l’officier français avant d’ordonner aux gendarmes togolais « hey, tu le mets en taule hein ? »

Après l’intervention d’autres journalistes présents sur les lieux, Didier Ledoux supprima les photos, et il fut libéré.

En partant, Ledoux fit quand même comprendre au français « qu’il ne peut jamais faire en France l’acte regrettable qu’il vient de poser ».

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